L'UE prépare une riposte 'bien calibrée' face aux nouveaux tarifs douaniers américains sur les voitures. Bruxelles attend les mesures réciproques des États-Unis avant d'agir, alors que les tensions commerciales s'intensifient.
La Commission européenne prépare une riposte « bien calibrée » face aux tarifs douaniers américains
Le président américain Donald Trump a annoncé mercredi des droits de douane de 25 % sur les importations de voitures aux États-Unis. Face à cette décision, l'Union européenne élabore une réponse adaptée, alors que les tensions commerciales entre Bruxelles et Washington s'intensifient.
Un jour après l'annonce des nouvelles taxes américaines, la Commission européenne a indiqué jeudi qu'elle attendrait l'entrée en vigueur des mesures réciproques des États-Unis, prévue la semaine prochaine, avant de décider de contre-mesures éventuelles.
« Si nécessaire, nous répondrons de manière ferme, proportionnée, robuste et bien calibrée à des mesures injustes et contre-productives venant des États-Unis »,
a déclaré le porte-parole de la Commission, Olof Gill, précisant que le calendrier exact des actions européennes dépendrait de l'application des tarifs américains, prévue pour le 2 avril.
Les droits de douane américains sur l'acier et l'aluminium sont déjà en vigueur. En plus des taxes sur les voitures annoncées mercredi, des mesures réciproques visant l'UE doivent entrer en application le 2 avril. Toutefois, il reste incertain si ces tarifs concerneront les pays européens individuellement ou l'Union dans son ensemble.
La Commission européenne consultera les États membres sur une première liste de produits américains soumis à des droits de douane suspendus depuis 2018, suite à un différend commercial lié aux taxes sur l'acier et l'aluminium sous l'ancienne administration Trump. Une seconde liste est également à l'étude, alors que Bruxelles envisage ses prochaines étapes. Ces mesures s'inscriront dans un ensemble plus large de représailles tarifaires, dont l'application est attendue pour mi-avril.
Un responsable européen a toutefois indiqué que l'UE ne se limitera pas à ces deux listes, avertissant que de nouvelles actions pourraient être nécessaires une fois les tarifs réciproques américains connus. « Nous n'avons rien annoncé concernant les services ou l'instrument anti-coercition », a-t-il souligné.
Jusqu'à présent, les contre-mesures annoncées ne ciblent que les biens américains. Pourtant, en 2023, les États-Unis ont enregistré un excédent commercial de 109 milliards d'euros dans les services avec l'UE. Étendre les représailles à ce secteur marquerait une escalade significative dans les tensions commerciales.
L'instrument anti-coercition, adopté par l'UE en 2023 mais jamais utilisé, est perçu par certains experts comme une « option nucléaire » en matière de politique commerciale. Il permettrait à Bruxelles d'imposer des restrictions sur les droits de propriété intellectuelle ou les licences, offrant ainsi un levier puissant dans les conflits commerciaux internationaux.
L'annonce des tarifs sur les voitures a provoqué de vives réactions en Europe.
« Il est essentiel que l'UE réponde avec détermination – nous ne devons pas céder face aux États-Unis. La force et la confiance en soi sont nécessaires »
, a déclaré le ministre allemand de l'Économie, Robert Habeck, tout en appelant à poursuivre les négociations pour éviter une spirale tarifaire.
Le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič, s'est entretenu mardi à Washington avec des responsables américains, mais les discussions n'ont pas abouti à des résultats concluants. « La mission du commissaire Šefčovič n'a pas permis d'obtenir d'accord », a regretté Olof Gill.
Le ministre français de l'Économie, Éric Lombard, a qualifié jeudi sur France Inter les tarifs américains d'« acte non coopératif », ajoutant :
« Nous sommes attaqués : soit nous laissons faire, et cela n'en finira jamais ; soit nous ripostons, malheureusement, car c'est la règle du jeu imposée par les Américains. »
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