La BCE prévoit de réduire ses taux à 2,75 %, mais les nouveaux tarifs américains pourraient ajouter de l’incertitude. D’autres baisses sont attendues en 2025, alors que la zone euro fait face à un ralentissement économique.
La Banque centrale européenne (BCE) se prépare à abaisser ses taux d’intérêt de 25 points de base à 2,75 %, alors que l’inflation se rapproche de l’objectif de 2 % et que la croissance économique reste faible. Le taux de la facilité de dépôt devrait passer de 3 % à son niveau le plus bas depuis février 2023. Les analystes anticipent de nouvelles baisses en 2025, bien que les tarifs commerciaux imposés par les États-Unis puissent introduire une incertitude dans les décisions futures de la BCE.
Selon Goldman Sachs, la BCE pourrait procéder à une nouvelle baisse des taux dès mars, avec une réduction totale pouvant atteindre 1,75 % d’ici juillet. Les analystes de Bank of America prévoient une baisse encore plus marquée jusqu’à 1,5 %, ce qui accentuerait l’écart entre la politique monétaire de la BCE et celle de la Réserve fédérale américaine.
Les investisseurs s’attendent à ce que la BCE effectue quatre baisses de taux en 2025, ramenant le taux de dépôt à 2 % d’ici la fin de l’année. Malgré ces prévisions, certains économistes mettent en garde contre l’instabilité de l’inflation sous-jacente, qui pourrait retarder les prochaines décisions de la BCE.
Alors que l’écart entre l’inflation aux États-Unis et dans la zone euro se creuse, les responsables européens présents à Davos n’ont pas exprimé d’inquiétudes quant à une éventuelle remontée de l’inflation due à la hausse des prix de l’énergie. Au contraire, ils ont souligné les risques d’un ralentissement économique, ce qui plaide en faveur d’un assouplissement de la politique monétaire.
Toutefois, la menace de nouveaux tarifs douaniers américains ajoute une incertitude sur les marchés. Selon certaines sources, le secrétaire au Trésor américain préparerait une taxe universelle de 2,5 %, qui pourrait progressivement grimper jusqu’à 20 %, ce qui aurait un impact significatif sur les exportations européennes. Le président Donald Trump a laissé entendre qu’il soutenait des tarifs encore plus élevés, qui pourraient frapper des secteurs clés tels que l’industrie sidérurgique, la pharmacie et les semi-conducteurs.
Ces informations ont provoqué une baisse de l’euro, qui, après s’être brièvement renforcé au-dessus de 1,05 USD à la suite du développement de l’IA chinoise DeepSeek, a reculé à 1,0430 USD après l’annonce des tarifs douaniers. Les analystes d’ING avertissent que si les États-Unis poursuivent leurs préparatifs en vue de ces mesures, l’euro pourrait encore chuter sous la barre de 1,040 USD.
Une augmentation des tarifs sur les produits européens pourrait affaiblir la croissance économique de la zone euro et renforcer l’argumentation en faveur de nouvelles baisses de taux de la BCE. Cependant, l’impact inflationniste de ces mesures reste incertain. Si l’Union européenne répliquait par des tarifs douaniers en retour ou si la dépréciation de l’euro entraînait une hausse du coût des importations, l’inflation dans la zone euro pourrait repartir à la hausse.
Le gouverneur de la Banque de France a toutefois minimisé ce risque, déclarant à Davos que les tarifs américains pourraient accroître l’inflation aux États-Unis, mais qu’ils auraient un impact limité sur l’Europe. Selon les économistes d’ABN Amro, ces tarifs pourraient même avoir un effet désinflationniste en Europe en raison d’une baisse de la demande mondiale et des prix des matières premières.
Dans ce contexte, les analystes s’attendent à ce que la BCE poursuive l’assouplissement de sa politique monétaire dans les mois à venir, avec une baisse éventuelle de son taux directeur jusqu’à 1 %. Lors de la conférence de presse de jeudi, la présidente de la BCE, Christine Lagarde, devrait être interrogée sur les répercussions potentielles des mesures commerciales américaines et sur les prochaines étapes de la banque centrale en matière de politique monétaire.
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